- Département de lettres modernes - Bureau H220
Université Paul Valéry - Montpellier
Route de Mende 34199 Montpellier Cedex 5
Claire Ducournau
Université Paul Valéry - Montpellier, RIRRA21, Faculty Member
- Sociology of Literature, World Literature, Transnational migration, Postcolonial Studies, Cultural Studies, Reception Studies, and 16 moreCross-cultural transfers, Race, Class, and Gender, Migrant Literature, Research Methodology, Sociology of Intellectuals, French and Francophone Literature, Richard Hoggart, Journalism and Literature, Postcolonial Literature, Pierre Bourdieu, Print Culture, Publishing, Media Studies, Press and media history, African Literature, and Humanities and Social Sciencesedit
- I am a Maîtresse de conférences - or tenured Associate Professor - at the University Paul Valéry – Montpellier 3, and... moreI am a Maîtresse de conférences - or tenured Associate Professor - at the University Paul Valéry – Montpellier 3, and member of the RIRRA21, an interdisciplinary research centre.
At the crossroads of sociology and literary studies, my work centers on 20th-century francophone African writing, publishing and media, focusing on transnational circulations (whether of texts or writers), and the intersection between social constraints and aesthetics.
My first book, La Fabrique des classiques africains. Écrivains d’Afrique subsaharienne francophone (1960-2012), published in 2017 with the CNRS editions, explores the mechanisms by which writers from francophone sub-Saharan Africa attain literary recognition.
My current research explores press archives distributed on the African continent which challenge the canonical literary corpus mainly published in France. See: https://africanreadingcultures.blogs.ilrt.org/fr/accueil/
https://rirra21.www.univ-montp3.fr/fr/annuaire_recherche/claire-ducournau
http://www.cnrseditions.fr/litterature/7435-la-farique-des-classiques-africains.html
http://www.bssg.univ-paris8.fr/index.htmledit
http://www.cnrseditions.fr/litterature/7435-la-farique-des-classiques-africains.html Comment une oeuvre littéraire accède-t-elle au rang de « classique » lorsque son auteur est issu d'Afrique subsaharienne francophone, l'une des zones... more
http://www.cnrseditions.fr/litterature/7435-la-farique-des-classiques-africains.html
Comment une oeuvre littéraire accède-t-elle au rang de « classique » lorsque son auteur est issu d'Afrique subsaharienne francophone, l'une des zones les plus déshéritées du monde selon les standards culturels internationaux ? Si les noms de Léopold Sédar Senghor et d'Ahmadou Kourouma se sont imposés partout, pourquoi d'autres auteurs, portés au pinacle en Europe, restent-ils peu connus dans leurs pays d'origine, quand les textes d'Aminata Sow Fall et de Seydou Badian, étudiés et discutés au Sénégal et au Mali, ne le sont pas en France ?
Ce livre propose une histoire sociale collective de ces écrivains depuis 1960. Il distingue deux protagonistes majeurs : des intermédiaires culturels (organisateurs de festival, éditeurs, agents littéraires), souvent français, et des auteurs nés et socialisés en Afrique subsaharienne francophone, dont les trajectoires sont situées les unes par rapport aux autres dans un espace littéraire africain en recomposition.
Nourri de nombreux entretiens, fondé sur le dépouillement d'archives inédites et sur une étude statistique, cet ouvrage majeur décrit par quels mécanismes symboliques et matériels des écrivains originaires d'Afrique subsaharienne francophone sont devenus, sous différentes formes, des classiques africains.
Comment une oeuvre littéraire accède-t-elle au rang de « classique » lorsque son auteur est issu d'Afrique subsaharienne francophone, l'une des zones les plus déshéritées du monde selon les standards culturels internationaux ? Si les noms de Léopold Sédar Senghor et d'Ahmadou Kourouma se sont imposés partout, pourquoi d'autres auteurs, portés au pinacle en Europe, restent-ils peu connus dans leurs pays d'origine, quand les textes d'Aminata Sow Fall et de Seydou Badian, étudiés et discutés au Sénégal et au Mali, ne le sont pas en France ?
Ce livre propose une histoire sociale collective de ces écrivains depuis 1960. Il distingue deux protagonistes majeurs : des intermédiaires culturels (organisateurs de festival, éditeurs, agents littéraires), souvent français, et des auteurs nés et socialisés en Afrique subsaharienne francophone, dont les trajectoires sont situées les unes par rapport aux autres dans un espace littéraire africain en recomposition.
Nourri de nombreux entretiens, fondé sur le dépouillement d'archives inédites et sur une étude statistique, cet ouvrage majeur décrit par quels mécanismes symboliques et matériels des écrivains originaires d'Afrique subsaharienne francophone sont devenus, sous différentes formes, des classiques africains.
Research Interests:
Sony Labou Tansi (1947-1995) and Sylvain Bemba (1934-1995) are two authors – and friends – who were born and lived their whole lives in Congo-Brazzaville. Their literary works in French have been widely read and commented on in literary... more
Sony Labou Tansi (1947-1995) and Sylvain Bemba (1934-1995) are two authors – and friends – who were born and lived their whole lives in Congo-Brazzaville. Their literary works in French have been widely read and commented on in literary criticism in recent decades. But Sony Labou Tansi’s major international recognition is unmatched for Sylvain Bemba, a much more low-profile playwright and novelist. And yet, Bemba was considered ‘the true one-man-band of [national] cultural life ’ in the 1970s and the 1980s. As a journalist, he maintained exchanges within what he himself termed the ‘Congolese writer siblings ’ through prefaces, dedications, manuscripts’ proofreading, and book reviews. By a comparative study of the geographic scales of these two literary trajectories, this article explores the relationship between the literary recognition of authors from sub-Saharan Africa (located in a periphery dominated by the Parisian publishers) and their relational resources. Based on the renewal of research into ‘social networks’ in the sociology of literature, it questions the link between writers’ sociability (its form and geographic extension) and the production and reception of their works. The survey shows the importance of institutions located outside Africa in accessing the international literary stage. It also shows that a dense and closed local network that is favorable on a collective scale is less useful for an expanded literary reception than an open, heterogenous, and international network. This study also proposes a re-reading of the literary works of Labou Tansi and Bemba, through the obsession with human contact of the former, and the attraction of masks and erasure for the latter – visible in his contributions in the press.
Sony Labou Tansi (1947-1995) et Sylvain Bemba (1934-1995) sont deux auteurs – et deux amis – nés et ayant vécu toute leur vie au Congo-Brazzaville. Leurs œuvres littéraires en langue française ont été amplement lues et commentées par la critique, universitaire notamment, dans les dernières décennies. Mais la consécration internationale atteinte par Sony Labou Tansi, n’a pas d’exact équivalent pour Sylvain Bemba, dramaturge et romancier beaucoup plus discret. Pourtant, ce dernier fut considéré comme « l’homme-orchestre de la vie culturelle » nationale dans les années 1970 et 1980. Journaliste, il entretint ainsi les échanges au sein de ce qu’il a lui-même baptisé la « phratrie des écrivains congolais » à travers des préfaces, dédicaces, corrections de manuscrits ou recensions. En procédant à une étude comparative des échelles géographiques de déploiement de ces deux trajectoires, cet article explore l’articulation entre la reconnaissance littéraire des auteurs issus d’Afrique subsaharienne – placés dans une situation périphérique par rapport à l’édition parisienne – et leurs ressources relationnelles. Il s’appuie sur le renouvellement récent de la recherche sur les « réseaux sociaux » en sociologie de la littérature pour interroger la relation entre la forme et l’extension géograhique de la sociabilité de ces écrivains, et les modalités d’élaboration et de réception de leurs œuvres littéraires. Outre l’importance des institutions situées hors d’Afrique pour accéder à la scène littéraire internationale, l’enquête montre qu’un réseau dense et fermé au niveau local, avantageux à l’échelle collective, est cependant moins porteur pour décloisonner la réception des textes d’un seul auteur qu’un réseau ouvert, diversifié, et international. Cette étude voudrait aussi plaider pour un retour aux œuvres respectives de Sony Labou Tansi et Sylvain Bemba, en proposant deux entrées pour les (re)lire : l’obsession du contact humain chez le premier a ainsi pour pendant les jeux d’effacement et le goût de masque chez le second, visibles dans ses contributions dans la presse.
Sony Labou Tansi (1947-1995) et Sylvain Bemba (1934-1995) sont deux auteurs – et deux amis – nés et ayant vécu toute leur vie au Congo-Brazzaville. Leurs œuvres littéraires en langue française ont été amplement lues et commentées par la critique, universitaire notamment, dans les dernières décennies. Mais la consécration internationale atteinte par Sony Labou Tansi, n’a pas d’exact équivalent pour Sylvain Bemba, dramaturge et romancier beaucoup plus discret. Pourtant, ce dernier fut considéré comme « l’homme-orchestre de la vie culturelle » nationale dans les années 1970 et 1980. Journaliste, il entretint ainsi les échanges au sein de ce qu’il a lui-même baptisé la « phratrie des écrivains congolais » à travers des préfaces, dédicaces, corrections de manuscrits ou recensions. En procédant à une étude comparative des échelles géographiques de déploiement de ces deux trajectoires, cet article explore l’articulation entre la reconnaissance littéraire des auteurs issus d’Afrique subsaharienne – placés dans une situation périphérique par rapport à l’édition parisienne – et leurs ressources relationnelles. Il s’appuie sur le renouvellement récent de la recherche sur les « réseaux sociaux » en sociologie de la littérature pour interroger la relation entre la forme et l’extension géograhique de la sociabilité de ces écrivains, et les modalités d’élaboration et de réception de leurs œuvres littéraires. Outre l’importance des institutions situées hors d’Afrique pour accéder à la scène littéraire internationale, l’enquête montre qu’un réseau dense et fermé au niveau local, avantageux à l’échelle collective, est cependant moins porteur pour décloisonner la réception des textes d’un seul auteur qu’un réseau ouvert, diversifié, et international. Cette étude voudrait aussi plaider pour un retour aux œuvres respectives de Sony Labou Tansi et Sylvain Bemba, en proposant deux entrées pour les (re)lire : l’obsession du contact humain chez le premier a ainsi pour pendant les jeux d’effacement et le goût de masque chez le second, visibles dans ses contributions dans la presse.
Research Interests:
Analysant d’abord les hommages posthumes différenciés rendus à Richard Hoggart de part et d’autre de la Manche à sa mort en 2014, cet article défend l’hypothèse d’une double carrière de cette figure intellectuelle et de ses écrits au... more
Analysant d’abord les hommages posthumes différenciés rendus à Richard Hoggart de part et d’autre de la Manche à sa mort en 2014, cet article défend l’hypothèse d’une double carrière de cette figure intellectuelle et de ses écrits au Royaume-Uni et en France. Auteur d’un succès de librairie lu au-delà du monde universitaire, fondateur institutionnel des cultural studies à Birmingham, Hoggart est toutefois rapidement vu dans ce domaine comme une référence à dépasser, alors que la traduction, en France, de deux de ses œuvres majeures (The Uses of Literacy et A Local Habitation) l’y transforme en sociologue. L’importation de ces textes dans les sciences sociales françaises a nourri la première critique d’importance, par Jean-Claude Passeron et Claude Grignon, du système conceptuel mis en place par Pierre Bourdieu, que la lecture de Hoggart a d’abord implicitement nourri. Sélectives, les références à ses œuvres dans la sociologie de la culture ou des classes populaires se sont ensuite routinisées. Ces usages se sont toutefois accompagnés d’un héritage plus souterrain qui semble moins dépendant des frontières nationales. Hoggart a en effet été pionnier pour légitimer dans la recherche universitaire une prise de parole autobiographique marquée par la réflexivité. Les formes scientifiques d’un tel geste se sont cependant aussi conformées à des cadres disciplinaires et à des logiques épistémologiques de plus en plus distincts, propres à la sociologie française d’un côté et aux studies de l’autre.
Las dos (o tres) carreras de Richard Hoggart
Desdé la fundación de las cultural studies hasta la apropiación de la sociología francesa
Analizando primero los diferentes homenajes póstumos dados a Richard Hoggart en ambos lados del Canal de La Mancha a su muerte en 2014, este artículo defiende la hipótesis de una doble carrera de esta figura intelectual y de sus escritos en el Reino Unido y en Francia. Autor de un bestseller leído más allá del mundo académico, fundador institucional de las cultural studies en Birmingham, Hoggart fue sin embargo visto rápidamente en este campo como una referencia a superar, mientras que la traducción en Francia, de dos de sus obras importantes (The Uses of Literacy y A Local Habitation) lo transformaba en un sociólogo. La importación de estos textos en las ciencias sociales francesas alimenta la primera crítica importante de Jean-Claude Passeron y Claude Grignon, del sistema conceptual establecido por Pierre Bourdieu, que la lectura de Hoggart alimento primero de forma implícita. Selectivas, las referencias a su trabajo en la sociología de la cultura o de las clases populares se volvieron entonces rutinarias. Estos usos son, sin embargo, acompañados por un legado más subterráneo que parece menos dependientes de las fronteras nacionales. Hoggart era de hecho un pionero para legitimar en la investigación académica una voz autobiográfica marcada por la reflexividad. Las formas científicas de tal movimiento, sin embargo, también se conformaron a marcos disciplinarios y lógicas epistemológicas cada vez más distintas, propias a la sociología francesa por un lado y los studies del otro.
Analysing firstly the different posthumous tributes to Richard Hoggart on both sides of the Channel at his death in 2014, this article argues in favor of a double career of this intellectuel figure and of his books in the United Kingdom and in France. Author of a best-selling book, read outside the academic world, and institutional founder of cultural studies at Birmingham, Hoggart has however quickly been considered in this field as a key, if outdated, reference. The French translation of two of his major books, The Uses of Literacy and A Local Habitation, turned him into a sociologist. The importation of these textes into the French social sciences provided the first important criticism, by Jean-Claude Passeron and Claude Grignon, of Pierre Bourdieu’s conceptual system – itself implicitly informed by Bourdieu’s reading of Hoggart. While selective, these uses have nevertheless also been accompanied by a more subterranean legacy that seems less dependent on the national borders. Hoggart has indeed been pioneer in legitimising an autobiographical mode of speaking in academic research, marked by reflexivity. The scientific forms of such a gesture have complied with more and more distinct disciplinary settings and epistemological logics, characteristic of French sociology on one side, and cultural studies on the other.
Las dos (o tres) carreras de Richard Hoggart
Desdé la fundación de las cultural studies hasta la apropiación de la sociología francesa
Analizando primero los diferentes homenajes póstumos dados a Richard Hoggart en ambos lados del Canal de La Mancha a su muerte en 2014, este artículo defiende la hipótesis de una doble carrera de esta figura intelectual y de sus escritos en el Reino Unido y en Francia. Autor de un bestseller leído más allá del mundo académico, fundador institucional de las cultural studies en Birmingham, Hoggart fue sin embargo visto rápidamente en este campo como una referencia a superar, mientras que la traducción en Francia, de dos de sus obras importantes (The Uses of Literacy y A Local Habitation) lo transformaba en un sociólogo. La importación de estos textos en las ciencias sociales francesas alimenta la primera crítica importante de Jean-Claude Passeron y Claude Grignon, del sistema conceptual establecido por Pierre Bourdieu, que la lectura de Hoggart alimento primero de forma implícita. Selectivas, las referencias a su trabajo en la sociología de la cultura o de las clases populares se volvieron entonces rutinarias. Estos usos son, sin embargo, acompañados por un legado más subterráneo que parece menos dependientes de las fronteras nacionales. Hoggart era de hecho un pionero para legitimar en la investigación académica una voz autobiográfica marcada por la reflexividad. Las formas científicas de tal movimiento, sin embargo, también se conformaron a marcos disciplinarios y lógicas epistemológicas cada vez más distintas, propias a la sociología francesa por un lado y los studies del otro.
Analysing firstly the different posthumous tributes to Richard Hoggart on both sides of the Channel at his death in 2014, this article argues in favor of a double career of this intellectuel figure and of his books in the United Kingdom and in France. Author of a best-selling book, read outside the academic world, and institutional founder of cultural studies at Birmingham, Hoggart has however quickly been considered in this field as a key, if outdated, reference. The French translation of two of his major books, The Uses of Literacy and A Local Habitation, turned him into a sociologist. The importation of these textes into the French social sciences provided the first important criticism, by Jean-Claude Passeron and Claude Grignon, of Pierre Bourdieu’s conceptual system – itself implicitly informed by Bourdieu’s reading of Hoggart. While selective, these uses have nevertheless also been accompanied by a more subterranean legacy that seems less dependent on the national borders. Hoggart has indeed been pioneer in legitimising an autobiographical mode of speaking in academic research, marked by reflexivity. The scientific forms of such a gesture have complied with more and more distinct disciplinary settings and epistemological logics, characteristic of French sociology on one side, and cultural studies on the other.
Research Interests:
This article addresses how African literature has been instituted as an internationally recognized category of its own, by considering the case of writers from Francophone countries of Sub-Saharan Africa from the 1960s onward. In... more
This article addresses how African literature has been instituted as an internationally recognized category of its own, by considering the case of writers from Francophone countries of Sub-Saharan Africa from the 1960s onward. In particular, how have these authors attained literary recognition over the past five decades? Based on a sociological and literary survey, the article maps the institutional mechanisms of the legitimation of these writers in space and time, using the heuristic potential of field theory on a global scale, and identifying different meanings of the “world literature” label.
Research Interests:
À la croisée de la sociologie de la littérature et de la génétique textuelle, cet article interroge l’articulation entre un « texte », celui du roman Monnè, outrages et défis, d’Ahmadou Kourouma, paru en 1990 au Seuil, et une « archive »,... more
À la croisée de la sociologie de la littérature et de la génétique textuelle, cet article interroge l’articulation entre un « texte », celui du roman Monnè, outrages et défis, d’Ahmadou Kourouma, paru en 1990 au Seuil, et une « archive », soit un ensemble de documents ayant concouru à son élaboration. C’est à la lumière des archives encore méconnues de cet écrivain qu'il propose une réflexion méthodologique sur les conditions nécessaires pour l’établissement d’une telle « archive ». Il aborde d’abord la genèse du texte publié, sans parvenir à en reconstituer rigoureusement une archive exhaustive. Une redéfinition de l’avant-texte comme une matière dynamique en évolution sur la longue durée permet alors d’éclairer un chantier d’écriture d’une part, et d’esquisser quelques nouvelles pistes interprétatives sur le texte d’autre part.
Research Interests:
Amadou Hampâté Bâ addresses the colonial system directly in the two volumes published from his posthumous memoirs, Amkoullel, l’enfant peul and Oui mon commandant!. From an ethical point of view, the memorialist evokes colonization in a... more
Amadou Hampâté Bâ addresses the colonial system directly in the two volumes published from his posthumous memoirs, Amkoullel, l’enfant peul and Oui mon commandant!. From an ethical point of view, the memorialist evokes colonization in a profoundly ambivalent way, alternating condemnation with positive evaluations without explicit contradiction. In this article, my hypothesis is that this ambivalence toward colonialism in all of its aesthetic, generic, and sociological components is at the heart of the stance of an African memorialist writing in French. Its writing is the site of a reflexivity that sheds light on the complex affects and feelings of an author caught between precolonial, colonial, and postcolonial societies. Bâ combines these contradictory influences by giving a retrospective with unified meaning through spiritual elevation. In this way, writing is done as a search for compromise and legitimizations inscribed in its very form.
Research Interests:
Depuis le milieu des années 1990, la catégorie de classique a été de plus en plus souvent et rapidement appliquée aux auteur-e-s issu-e-s d’Afrique par la critique et les institutions littéraires spécialisées en littérature africaine de... more
Depuis le milieu des années 1990, la catégorie de classique a été de plus en plus souvent et rapidement appliquée aux auteur-e-s issu-e-s d’Afrique par la critique et les institutions littéraires spécialisées en littérature africaine de langue française. Pour comprendre cette situation, l’article s’appuie sur une enquête ethnographique et statistique pour restituer les paramètres historiques et sociologiques de l’accès à la reconnaissance puis à la classicisation littéraires de ces écrivain-e-s. L’étude des fluctuations du marché du livre, de l’évolution des institutions littéraires spécialisées, des carrières éditoriales et des propriétés sociales de ces auteur-e-s permet de montrer qu’une forte sélectivité culturelle et sociale régit l’obtention d’un seuil minimal de reconnaissance littéraire. Le recours aux grands éditeurs français et l’appartenance générationnelle jouent en outre un rôle déterminant pour la minorité numérique d’écrivain-e-s accédant au statut de classique africain, au détriment des écrivain-e-s ayant publié leur premier titre à la fin des années 1980, dans un moment de reflux entre deux vagues transnationales de légitimation de cette littérature. L’importance des éditeurs puis des médias français dans l’accès à la consécration internationale de ces auteur-e-s, qui se sédentarisent de plus en plus hors de leur continent d’origine, reflète un ordre mondial inégalitaire.
Research Interests:
On voyage beaucoup, sur les routes ou les fleuves d’Afrique de l’Ouest, dans Amkoulell, l’enfant peul, et Oui, mon commandant !, d’Amadou Hampâté Bâ. Quelles sont les fonctions du topique dans ces mémoires, qui voient un enfant issu de la... more
On voyage beaucoup, sur les routes ou les fleuves d’Afrique de l’Ouest, dans Amkoulell, l’enfant peul, et Oui, mon commandant !, d’Amadou Hampâté Bâ. Quelles sont les fonctions du topique dans ces mémoires, qui voient un enfant issu de la noblesse peule traditionnelle devenir un membre de l’administration coloniale, puis un écrivain ayant fait le choix de la langue française ? L’hypothèse suivie est que le motif omniprésent du déplacement, structurant dans ce roman de formation, permet au héros de légitimer son passage d’un ordre colonial à une société postcoloniale tout en maintenant son rang social, contre les aléas du destin. Les allées et venues incessantes auxquelles se livre ce personnage sont à la mesure de son déchirement d’intermédiaire pris entre différentes légitimités sociales. Ce clivage ne se voit apaisé qu’à travers l’impératif de transmission des savoirs traditionnels, et le déroulement d’un itinéraire spirituel, qui permet au narrateur de se diriger – et d’adresser son récit – « vers d’autres cieux, en Afrique d’abord, puis en Europe et à travers le monde » (Oui, mon commandant !, Arles, Actes Sud, 1994, p. 508). Ces deux aspects nourrissent la posture inédite de mémorialiste africain, tourné vers le « nord », que se forge Hampâté Bâ dans un texte qui se fait lieu de réflexivité et de négociations.
Research Interests:
C’est sur le vif de l’octroi à Salman Rushdie du « Booker des Booker » en 1993 pour Les Enfants de minuit que Graham Huggan, actuellement professeur de littératures du Commonwealth et postcoloniales à l’Université de Leeds, écrivit ce... more
C’est sur le vif de l’octroi à Salman Rushdie du « Booker des Booker » en 1993 pour Les Enfants de minuit que Graham Huggan, actuellement professeur de littératures du Commonwealth et postcoloniales à l’Université de Leeds, écrivit ce bref article dans la revue Transition. Ces quelques pages provocatrices constituent une réflexion engagée sur le virage postcolonial amorcé par le Booker Prize, ayant récompensé à partir du tournant des années 1980 de nombreux candidats issus de territoires anciennement colonisés par la Grande-Bretagne. Derrière cette tendance Huggan pointe cependant une série de mécanismes contradictoires à l’œuvre sous le signe de ce qu’il appelle l’exotisme postcolonial. Le passé colonial de la compagnie Booker ou la réception critique différentielle des Enfants de minuit en Grande-Bretagne et en Inde illustrent ainsi la tension nichée au cœur de la consécration postcoloniale d’œuvres artistiques vendues et perçues comme des marchandises exotiques par des agents culturels situés dans une ancienne métropole coloniale. S’ils n’excluent pas le close reading, les matériaux mobilisés à l’appui de cette démonstration sont disparates : la réception critique et le paratexte des livres, leurs éditeurs, l’histoire du Booker Prize et de la compagnie sucrière qui l’a fondé, ses principes de fonctionnement et ses lauréats successifs. Ces intuitions, développées dans l’ouvrage The Postcolonial Exotic (2001), ont ouvert la voie à une vague matérialiste de recherches postcoloniales en langue anglaise, mobilisant les apports de disciplines établies comme l’histoire et la sociologie de la littérature.
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Dans la littérature africaine contemporaine, deux mouvements contradictoires, centripète et centrifuge, lient les auteurs au continent africain. Comment examiner cette tension géographique de manière empirique, dans un univers littéraire... more
Dans la littérature africaine contemporaine, deux mouvements contradictoires, centripète et centrifuge, lient les auteurs au continent africain. Comment examiner cette tension géographique de manière empirique, dans un univers littéraire et éditorial hiérarchisé ? Y a-t-il un lien entre la sédentarité ou le nomadisme des auteurs issus d’Afrique subsaharienne francophone et leur réussite littéraire ? L’article procède à l’analyse statistique d’un grand nombre de biographies d’auteurs, à l’aide d’indicateurs pour mesurer leur origine, leur localisation principale et leurs déplacements géographiques. Ces écrivains socialisés, au moins dans leur jeunesse, en Afrique francophone sub-Saharienne, en activité entre 1983 et 2008 (n=404), comprennent aussi un sous-groupe d’auteurs plus reconnus (n=151). L’article atteste l’importance de leur mobilité transnationale, mais au profit d’une hiérarchie marquée entre les pays, imbriquée dans les rapports de domination culturels que véhicule la mondialisation. La France, lieu de résidence susceptible de rapprocher de celui de la publication, y occupe une place prépondérante, particulièrement pour les écrivains les plus reconnus. D’autres pôles géographiques attirent cette population : les États-Unis, la Belgique, l’Allemagne, ainsi que, de manière moins décisive, le Canada et la Suisse. Mais un petit nombre de pays du continent africain, particulièrement la Côte d’Ivoire et le Sénégal, sont également des lieux d’attraction des auteurs, comme des pôles éditoriaux de fabrication de cette littérature.
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La notion de « mélancolie postcoloniale » peut-elle aider à caractériser le traitement que les instances littéraires françaises (maisons d’édition, presse, prix littéraires, réception critique) réservèrent à un ouvrage portant sur la... more
La notion de « mélancolie postcoloniale » peut-elle aider à caractériser le traitement que les instances littéraires françaises (maisons d’édition, presse, prix littéraires, réception critique) réservèrent à un ouvrage portant sur la période coloniale ? L’étude sociologique des conditions de production et de réception du roman Monnè, outrages et défis, de l’auteur ivoirien Ahmadou Kourouma, fournit des éléments positifs de réponse à cette question. Alors que l’écrivain voulait, avec ce livre, dénoncer le colonialisme, il souffrit de sa réception immédiate et modifia par la suite l’orientation de son écriture, en se tournant vers des sujets plus actuels. Prêter attention à l’espace des possibles de la représentation littéraire de la colonisation par des romanciers originaires d’Afrique Subsaharienne francophone, des années 1950 jusqu’en 1990, permet de mettre en évidence des effets de champs ayant agi sur le projet originel de Kourouma. La dépendance de la littérature africaine de langue française publiée en France vis-à-vis d’un champ littéraire français où la conception de la littérature engagée a fait son temps, aurait ainsi été intériorisée et transmuée par l’écrivain, à travers l’élaboration d’une forme littéraire originale.
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La consécration apparente de Ken Bugul, Calixthe Beyala et Fatou Diome, toutes trois inscrites dans l’actuel canon de littérature africaine féminine francophone, semble motiver une réponse positive à l’une des questions théoriques... more
La consécration apparente de Ken Bugul, Calixthe Beyala et Fatou Diome, toutes trois inscrites dans l’actuel canon de littérature africaine féminine francophone, semble motiver une réponse positive à l’une des questions théoriques majeures posées par les postcolonial studies : « Can the Subaltern speak ? ». A travers une approche sociologique, cet article vise cependant à nuancer celle-ci, en s’attardant sur les conditions sociales et éditoriales de ces accès précipités à la notoriété littéraire. En distinguant dans chaque cas entre identification assignée, présentation de soi assumée, et appartenance sociale, il pointe des effets d’accélération - qui s’ajoutent à ceux, plus généraux, du système médiatico-publicitaire sur le champ littéraire -, puis des effets d’enfermement paradoxal, au vu des options qui s’offrent à ces écrivaines lors de leurs publications successives. Étudier les conditions de la consécration symbolique pour celles qui en sont a priori privées en raison de difficultés objectives d’accès à l’éducation et à la culture en français, obligerait ainsi à analyser aussi les paramètres qui conditionnent la reconnaissance une fois obtenue.
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Aucune précision bien nette n’est faite sur l’épiderme des personnages créés par Marie NDiaye dans les textes qu’elle écrit de 1985 à 2000. La raison référentielle de leur fréquente étrangeté y reste, le plus souvent, énigmatique. Rosie... more
Aucune précision bien nette n’est faite sur l’épiderme des personnages créés par Marie NDiaye dans les textes qu’elle écrit de 1985 à 2000. La raison référentielle de leur fréquente étrangeté y reste, le plus souvent, énigmatique. Rosie Carpe (2001) et Papa doit manger (2003) se démarquent cependant de cette option : ce roman puis cette pièce de théâtre nomment explicitement ce point anciennement aveugle. La présence de personnages désignés comme « noirs » ou « métisses » avec une certaine insistance y permet un retravail du motif de l’exclusion, sous la forme réaliste du racisme. Pour décrire les personnages et la couleur de leur peau, ces deux textes recourent pourtant à toute une palette chromatique, loin de se cantonner au « noir » et « blanc ». L’article analyse dès lors cette représentation. L’opposition du noir et du blanc, envisagés comme des constructions sociales inscrites dans le regard de l’autre, structurent d’abord ces deux textes. Mais la description fine des personnages, sur et sous la peau, les inscrit au sein d’une palette de nuances, ni noires, ni blanches. Celles-ci tissent un réseau chromatique signifiant, à travers symboles ou perceptions sensorielles, reliées à des états affectifs, notamment dans des couples où homme et femme se sortent mutuellement de l’indifférenciation, pour se révéler leur propre teinte, entre noir et blanc. Ces textes invitent in fine à un double mode de lecture de la couleur : une fonction émotive et empathique dans Rosie carpe, une fonction plus distanciée et intertextuelle dans Papa doit manger, qui souligne le danger de prendre de simples « mots » pour de sérieux symboles.
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Ce colloque invite à réfléchir sur les relations réciproques entre la presse et la littérature africaine(s). Depuis les bulletins coloniaux jusqu’aux revues en ligne en passant par les magazines illustrés et les grands quotidiens créés... more
Ce colloque invite à réfléchir sur les relations réciproques entre la presse et la littérature africaine(s). Depuis les bulletins coloniaux jusqu’aux revues en ligne en passant par les magazines illustrés et les grands quotidiens créés après les indépendances, le périodique a constitué, pour les écrivain·e·s issu·e·s d’Afrique, un support de publication décisif à côté du livre. Plus encore qu’à la présence des auteur·e·s africain·e·s dans une presse européenne généraliste, une attention particulière sera portée à leurs prises de parole dans des parutions affichant leur rattachement à l’Afrique, qu’elles soient produites sur le continent, qu’elles soient destinées à un public national, africain ou encore diasporique.
Pour plus d'informations, voir:
https://africanreadingcultures.blogs.ilrt.org/fr/programme-2/
Pour plus d'informations, voir:
https://africanreadingcultures.blogs.ilrt.org/fr/programme-2/
