Nicolas Vidoni
Université Paul Valéry - Montpellier, Histoire, Faculty Member
- Maître de Conférences en Histoire moderneedit
Research Interests:
Portes et faubourgs. Lieux de transit et mobilités dans les villes modernes 25 novembre 2015, MMSH, Aix-en-Provence Organisateurs : Eleonora Canepari (AMU – Telemme UMR 7303) Nicolas Vidoni (AMU – Telemme UMR 7303) L’objectif de... more
Portes et faubourgs.
Lieux de transit et mobilités dans les villes modernes
25 novembre 2015, MMSH, Aix-en-Provence
Organisateurs :
Eleonora Canepari (AMU – Telemme UMR 7303)
Nicolas Vidoni (AMU – Telemme UMR 7303)
L’objectif de cette journée d’étude, organisée dans le cadre du projet Settling in motion. Mobility and the making of the urban space in the early modern cities (Étoile montante – Fondation A*Midex), est de réfléchir aux articulations entre la ville d’Ancien Régime, les quartiers périphériques et les lieux donnant accès à l’espace urbain. En adoptant une approche qui croise l’histoire urbaine et la micro-analyse, nous nous proposons d’étudier ces lieux dans leur dimension sociale, et de les appréhender par les pratiques des acteurs. Ainsi, la mobilité des habitants de la ville constitue un véritable trait d’union entre les espaces intra et extra muros.
Cette approche nous amène à reconsidérer les lieux de passage et d’accès à la ville – portes et murailles –, pour mettre en évidence la complexité de leur dimension sociale et la porosité qui les caractérise.
Longtemps pensées exclusivement comme des éléments architecturaux, les portes de la ville sont des lieux de transit, ayant des fonctions multiples, qui ne peuvent être appréhendées qu’à partir des usages des habitants de la ville et de ceux et celles qui s’y rendent. En effet, les portes sont les lieux où, entre autres, l’on contrôle les flux – des personnes et des marchandises –, où l’on gère les épidémies, met en relation acheteurs et vendeurs de produits agricoles et sollicite les clients des lieux d’accueil. Les murailles des villes, quant à elles, ne suffisent pas à délimiter réellement l’espace urbain : il suffit de penser à la campagne intra muros – qui caractérise d’amples portions des villes européennes jusqu’au moins au XVIIIe siècle –, ainsi qu’à la mobilité quotidienne des ouvriers agricoles se déplaçant entre la ville et la campagne.
Les faubourgs, quant à eux, sont souvent envisagés comme des espaces à part. Cela tient à la nature juridique de ces espaces, qui diffère du droit urbain intra muros. Cela est dû, également, aux activités qui y sont pratiquées, les métiers urbains ne trouvant pas toujours à y exercer leur contrôle et leur domination. Ces raisons ont conduit, bien souvent, à insister sur les différences entre la ville et ses faubourgs, et à les envisager dans des termes strictement conflictuels. Or, si l’on suit des parcours individuels, tant du point de vue de la mobilité qu’en termes professionnels, on peut déboucher sur de nouvelles questions, qui amènent à reconsidérer la définition des faubourgs, et à les questionner de manière plus large. Ainsi, où sont les limites des faubourgs ? Á côté des politiques parfois menées de bornage et de délimitation, comment les limites sont-elles perçues mais surtout pratiquées ? De même, quelle est l’articulation de ces espaces périphériques avec le centre urbain et leur périphérie (banlieue, campagne, contado, suburbia…) ?
L’ensemble de ces questions, non exhaustif, pose in fine l’idée d’un processus d’intégration, non-linéaire, qui mérite d’être appréhendé en des termes spatiaux et chronologiques nouveaux.
Lieux de transit et mobilités dans les villes modernes
25 novembre 2015, MMSH, Aix-en-Provence
Organisateurs :
Eleonora Canepari (AMU – Telemme UMR 7303)
Nicolas Vidoni (AMU – Telemme UMR 7303)
L’objectif de cette journée d’étude, organisée dans le cadre du projet Settling in motion. Mobility and the making of the urban space in the early modern cities (Étoile montante – Fondation A*Midex), est de réfléchir aux articulations entre la ville d’Ancien Régime, les quartiers périphériques et les lieux donnant accès à l’espace urbain. En adoptant une approche qui croise l’histoire urbaine et la micro-analyse, nous nous proposons d’étudier ces lieux dans leur dimension sociale, et de les appréhender par les pratiques des acteurs. Ainsi, la mobilité des habitants de la ville constitue un véritable trait d’union entre les espaces intra et extra muros.
Cette approche nous amène à reconsidérer les lieux de passage et d’accès à la ville – portes et murailles –, pour mettre en évidence la complexité de leur dimension sociale et la porosité qui les caractérise.
Longtemps pensées exclusivement comme des éléments architecturaux, les portes de la ville sont des lieux de transit, ayant des fonctions multiples, qui ne peuvent être appréhendées qu’à partir des usages des habitants de la ville et de ceux et celles qui s’y rendent. En effet, les portes sont les lieux où, entre autres, l’on contrôle les flux – des personnes et des marchandises –, où l’on gère les épidémies, met en relation acheteurs et vendeurs de produits agricoles et sollicite les clients des lieux d’accueil. Les murailles des villes, quant à elles, ne suffisent pas à délimiter réellement l’espace urbain : il suffit de penser à la campagne intra muros – qui caractérise d’amples portions des villes européennes jusqu’au moins au XVIIIe siècle –, ainsi qu’à la mobilité quotidienne des ouvriers agricoles se déplaçant entre la ville et la campagne.
Les faubourgs, quant à eux, sont souvent envisagés comme des espaces à part. Cela tient à la nature juridique de ces espaces, qui diffère du droit urbain intra muros. Cela est dû, également, aux activités qui y sont pratiquées, les métiers urbains ne trouvant pas toujours à y exercer leur contrôle et leur domination. Ces raisons ont conduit, bien souvent, à insister sur les différences entre la ville et ses faubourgs, et à les envisager dans des termes strictement conflictuels. Or, si l’on suit des parcours individuels, tant du point de vue de la mobilité qu’en termes professionnels, on peut déboucher sur de nouvelles questions, qui amènent à reconsidérer la définition des faubourgs, et à les questionner de manière plus large. Ainsi, où sont les limites des faubourgs ? Á côté des politiques parfois menées de bornage et de délimitation, comment les limites sont-elles perçues mais surtout pratiquées ? De même, quelle est l’articulation de ces espaces périphériques avec le centre urbain et leur périphérie (banlieue, campagne, contado, suburbia…) ?
L’ensemble de ces questions, non exhaustif, pose in fine l’idée d’un processus d’intégration, non-linéaire, qui mérite d’être appréhendé en des termes spatiaux et chronologiques nouveaux.
Research Interests:
La police de la ville capitale passait, au XVIIIe siècle, par une régulation des comportements individuels et collectifs, et par un encadrement toujours plus poussé de l’espace urbain. Ces deux aspects complétaient une politique de... more
La police de la ville capitale passait, au XVIIIe siècle, par une régulation des comportements individuels et collectifs, et par un encadrement toujours plus poussé de l’espace urbain. Ces deux aspects complétaient une politique de sanction qui était pourtant loin de constituer l’unique arme de la police.
Pour contrôler au mieux cette ville angoissante, la Lieutenance de police, créée en 1667, en vint à prescrire des normes comportementales. Loin de n’être que des prescriptions impératives, elles étaient le fruit d’une élaboration commune avec une partie de la population – la bourgeoisie –, en lien direct avec l’expérience concrète de la vie matérielle commune dans la rue.
Les normes portaient à la fois sur la manière d’être dans l’espace public, et sur le rapport direct des individus à la matérialité urbaine, ce qui était proprement nouveau. De plus, elles différenciaient fortement les publics, en insistant sur les postures, les manières d’être et d’agir dans le quotidien.
Ces normes furent diffusées par des moyens classiques, les affiches et les cris publics, puis furent intégrées à des réflexions plus théoriques qui pensaient la ville nouvelle (le Traité de la police de Nicolas Delamare, les réflexions et projets architecturaux, L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert puis l’Encyclopédie méthodique de Panckoucke). Elles furent ainsi diffusées à un public éclairé. Dans le dernier tiers du siècle, la diffusion s’effectua par de nouveaux médias, en particulier le Journal de Paris, dont les liens avec la Lieutenance étaient étroits.
La réception de ces normes peut être connue par les archives de la pratique policière (Archives Nationales, série Y pour les commissaires ; BNF, dépôt de la Bastille pour les inspecteurs), non pas en retenant la seule répression des illégalismes, mais en s’attachant, à travers quelques régulations micro-locales et répétées, aux modes de mise en œuvre de ces normes qui révèlent bien souvent comment la population les intégrait ou les refusait. Les rapports informels mentionnaient en effet souvent les opinions exprimées par les personnes dans la rue, qui divergeaient des récits plus construits dans certains mémoires ou souvenirs (Pattin, Barbier, Rétif de la Bretonne, Mercier, etc.).
Pour contrôler au mieux cette ville angoissante, la Lieutenance de police, créée en 1667, en vint à prescrire des normes comportementales. Loin de n’être que des prescriptions impératives, elles étaient le fruit d’une élaboration commune avec une partie de la population – la bourgeoisie –, en lien direct avec l’expérience concrète de la vie matérielle commune dans la rue.
Les normes portaient à la fois sur la manière d’être dans l’espace public, et sur le rapport direct des individus à la matérialité urbaine, ce qui était proprement nouveau. De plus, elles différenciaient fortement les publics, en insistant sur les postures, les manières d’être et d’agir dans le quotidien.
Ces normes furent diffusées par des moyens classiques, les affiches et les cris publics, puis furent intégrées à des réflexions plus théoriques qui pensaient la ville nouvelle (le Traité de la police de Nicolas Delamare, les réflexions et projets architecturaux, L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert puis l’Encyclopédie méthodique de Panckoucke). Elles furent ainsi diffusées à un public éclairé. Dans le dernier tiers du siècle, la diffusion s’effectua par de nouveaux médias, en particulier le Journal de Paris, dont les liens avec la Lieutenance étaient étroits.
La réception de ces normes peut être connue par les archives de la pratique policière (Archives Nationales, série Y pour les commissaires ; BNF, dépôt de la Bastille pour les inspecteurs), non pas en retenant la seule répression des illégalismes, mais en s’attachant, à travers quelques régulations micro-locales et répétées, aux modes de mise en œuvre de ces normes qui révèlent bien souvent comment la population les intégrait ou les refusait. Les rapports informels mentionnaient en effet souvent les opinions exprimées par les personnes dans la rue, qui divergeaient des récits plus construits dans certains mémoires ou souvenirs (Pattin, Barbier, Rétif de la Bretonne, Mercier, etc.).
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, « Se mobiliser pour sa sécurité. Les rapports entre propriétaires, habitants et police à Paris au XVIIIe siècle » Cette contribution vise à montrer combien la vision d'une police de la Lieutenance générale qui organisa la ville est... more
, « Se mobiliser pour sa sécurité. Les rapports entre propriétaires, habitants et police à Paris au XVIIIe siècle » Cette contribution vise à montrer combien la vision d'une police de la Lieutenance générale qui organisa la ville est incomplète. Le cas des micro-aménagements urbains à Paris – fermetures de rue, déménagement des cimetières à la fin des années 1780 – montre au contraire que les questions urbanistiques ont suscité des mobilisations d'habitants, particulièrement des propriétaires, nombreuses et variées. Leurs motifs, leurs formes et les modalités d'action de ces mobilisations sont différenciées en fonction des situations concrètes et matérielles, et selon les enjeux sociaux qui les orientent. De la sorte, on remarque que les populations – propriétaires riverains d'une rue, voisins, paroissiens – agissent en suivant des registres d'action qui dévoilent une connaissance certaine des configurations institutionnelles et des enjeux de pouvoir à l'échelle de la ville. Abstract This paper deals with the idea of a urban police what organized the city during the 18th
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Abstract of "Une réforme inachevée des quartiers parisiens. Turgot et les quartiers de police en 1774-1776. Théorie politique et pratiques de l'espace urbain", Città e Storia, X, 2, 2016, p. 179-197.
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Résumé, abstract, "La peste et le gouvernement municipal : Montpellier en 1720-1723", Annales du Midi, t. 128, n° 295, juillet-septembre 2016, p. 393-413.
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Résumé d'une contribution à l'ouvrage dirigé par Anne Conchon, Hélène Noizet et Michel Ollion, Les Limites de Paris (XIIe-XVIIIe siècle), Lille, Presses du Septentrion, 2017, p. 125-146.
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For a long time, the police forces have had a love-and-hatred relationship with the populations they must serve and manage. Sometimes glorified when they protect people, they can also be rejected when they bind them. In this book, Nicolas... more
For a long time, the police forces have had a love-and-hatred relationship with the populations they must serve and manage. Sometimes glorified when they protect people, they can also be rejected when they bind them.
In this book, Nicolas Vidoni suggests elements of explanations to understand this double status, studying the birth and development of the “police policies” led by the agents of the Lieutenance générale de police in Paris, from 1667 to 1789.
Thanks to its “ability to operate” in the city and over the urban space, the Lieutenance gradually emerged as one the most important institutions in the Ancien Régime city.
This form of police can be analyzed under the focus of the experience acquired thanks to the contact with the capital and its population. This experience enabled new relationships between the populations, the city and the Royal State.
In spite of the evolution in the meaning and reality of the police, the links between the police and the population remains a current-day issue. More than the political dimension of the Lieutenance, this book deals with its tangible action and its agents’ practices.
In this book, Nicolas Vidoni suggests elements of explanations to understand this double status, studying the birth and development of the “police policies” led by the agents of the Lieutenance générale de police in Paris, from 1667 to 1789.
Thanks to its “ability to operate” in the city and over the urban space, the Lieutenance gradually emerged as one the most important institutions in the Ancien Régime city.
This form of police can be analyzed under the focus of the experience acquired thanks to the contact with the capital and its population. This experience enabled new relationships between the populations, the city and the Royal State.
In spite of the evolution in the meaning and reality of the police, the links between the police and the population remains a current-day issue. More than the political dimension of the Lieutenance, this book deals with its tangible action and its agents’ practices.
